| Cercle vicieux bureaucratique ! Dans les années 70, les futurs "managers" ont été nourris au petit lait de Michel Crozier. Ce sociologue des organisations qui mettait en évidence les risques de la bureaucratie. Pensions-nous à l'époque qu'il aurait si longtemps raison ? Cette bureaucratie qui est tellement entrée dans nos vies que nous ne prenons même plus le temps de l'observer.
Revenons en arrière : Crozier démontre que les acteurs peuvent manquer d'efficacité et d'initiative à cause des règles. Celles-ci ne prévoient pas toutes les situations ce qui permet à certains individus de prendre une parcelle de pouvoir, non prévue par les règlements. De fait l'organisation va prévoir des nouvelles règles pour limiter ces parcelles de pouvoir qui ne sont pas contrôlées. Ainsi de nouvelles règles contraignantes s'ajoutent aux précédentes, néfa stes à l'efficacité. "Merdre" comme aurait dit le père Ubu ! N'en est-on pas là aujourd'hui ? A pondre des règles pour fermer les portes à un petit nombre qui combine, on "emmerdre" tous les autres. Et de nouveau pointe le travail dissimulé ! Faut-il s'en étonner quand il est si difficile de faire les choses simplement ? Qu'il s'agisse de vendre un tableau, d'inviter un chanteur, de mettre en public un spectacle, les règles à appliquer sont lourdes, contradictoires, incompatibles. Nous ne reviendrons pas sur la distinction amateurs professionnels (déjà exposée ici il y a quelques mois), sur la réglementation sociale ou fiscale, sur la sécurité, les demandes diverses et variées d'autorisations de toutes sortes... et tous ces dispositifs d'emploi précaire où la case à remplir a plus d'importance que la nature de l'emploi créé... Bref, une bureaucratie que même Crozier n'a pas dû imaginer si prégnante : des mécanismes qui tournent pour eux-mêmes et dont plus personne ne connaît l'utilité. Les modifier est impossible : nul ne peut en mesurer les conséquences collatérales ! Sans doute faudrait-il créer une commission d'experts pour y réfléchir ! Culture Action n'a pas prétention à modifier ces règles (avec quels moyens ?), juste à vous les faire connaître pour vous permettre de limiter vos risques. Et, pourquoi pas avec vous, de faire remonter aux décideurs des idées de simplification(s) ! Bonne Année toutefois et au plaisir de vous rencontrer en 2010 lors de l'une ou l'autre de nos propositions.
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